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 M.07 - A look in the crowd [PV Jim Moriarty - Abandonné]

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Sherlock Holmes
The high functioning sociopath
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My Life in Lumen
Monde d'Origine : Sherlockian
A traversé la brèche en : 1 avril 2010
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MessageSujet: M.07 - A look in the crowd [PV Jim Moriarty - Abandonné]   Sam 16 Fév - 8:56

Jim Moriarty

Samedi 17 Juillet




Sherlock entrouvrit à peine les lèvres et expira lascivement quelques volutes de fumée grise qui s’en furent tournoyer dans l’air vicié de la pièce avant de disparaitre. Le jeune homme soupira, la tête légèrement penchée en arrière, le regard perdu dans le vague. D’un geste de la main, Sherlock amena la fine cigarette à ses lèvres et inspira. La braise à l’extrémité du petit objet s’illumina un instant puis retrouva sa pâle couleur de cendre. Son bras retomba ensuite sur l’accoudoir du fauteuil, maintenant toujours la si précieuse distraction entre ses deux longs doigts. John n’allait pas être content. Le jeune homme agita ses orteils et, tout en relâchant l’air de ses poumons, il ferma les yeux. Les souvenirs de ses premiers pas dans ce nouveau monde lui revinrent en mémoire.


Six mois. Cela faisait à peine six mois qu’il se trouvait là. La chute avait été brutale. Son corps et son esprit s’étaient brisés comme du verre sur le sol. Le froid de la soirée l’avait transpercé comme des milliers de lames acérées et l’incompréhension voilait son regard bleu. Les sourcils froncés et les yeux plissés, le jeune homme s’était relevé avec difficulté avant de chanceler. La douleur et l’engourdissement étaient présents dans chaque infime parcelle de son corps. Ses pensées peinaient à se remettre à leur place, c’était le Chaos. La nuit l’enveloppait et le monde tournait autour de lui. Sherlock avait tenté de s'immobiliser, fait un pas en avant, un autre en arrière. Mais son fugace équilibre s’était rompu et le détective s’était rattrapé de justesse au mur. Il était resté là quelques instants, fixant le sol. Puis, comme une prière faite à son esprit, le jeune homme avait joint ses deux mains sur ses lèvres pour tenter de réfléchir à sa situation. Il faisait nuit, il était seul, dans un endroit inconnu. A cet instant, de nombreuses questions avaient traversé son esprit encore embrumé. Où était John ? Où était Moriarty ? Et où était-il, lui ? Sherlock avait alors détaillé la ruelle de ses prunelles de glace. Le nom d’une rue anglaise inconnue, quelques poubelles, quelques murs d’habitations pourvus de fenêtres. Il était toujours en Grande Bretagne, dans un quartier apparemment de classe moyenne, mais pas à Londres. Il n’y avait par contre aucune trace des deux hommes qui auraient dû se trouver avec lui. Il avait regardé son smartphone, mais ce dernier n'avait pas tenu le choc. Il avait ensuite levé le regard vers le ciel. Huit lunes se dessinaient au milieu des étoiles. Il avait beau n’avoir aucune connaissance en astronomie, ce fait lui semblait tout de même très étrange. Une chute sans fin à travers une piscine, des astres en trop gravitant autour de la planète, une température bien trop froide pour la saison. Une fois l’impossible écarté, ce qui reste, peu importe si cela paraît fou, est forcément la vérité. Avait-il était drogué par son ennemi adoré ?

Après quelques minutes, une silhouette s’était soudainement distinguée dans l’ombre du fond de la ruelle. Sherlock était encore sonné par la chute et les sons lui parvenaient de loin, très loin, mais il avait cru discerner une voix familière qui l’appelait. Le jeune homme avait alors tourné la tête et fermé les yeux quelques secondes pour tenter de remettre ses idées en place. Lorsque ses prunelles bleues avaient de nouveau aperçu la pâle lueur du lampadaire, John se trouvait en face de lui, le visage livide. Le détective ne put décrire les sentiments qui s’étaient frayés un chemin jusqu’à son cœur en cet instant, mais un certain soulagement y était mêlé. Son ami semblait heureux de le trouver là, et après un léger silence les deux compagnons avaient échangé quelques mots sur leur récente aventure toujours aussi incompréhensible. Brusquement, un policier turbulent était apparu dans leur dos en s’exclamant qu’il venait d’en trouver des nouveaux. L’homme leur avait demandé d’où ils venaient, mais le regard perdu de John suffit à lui indiquer que ce dernier ne savait pas, à l’instar de son colocataire. L’inconnu avait alors attrapé les deux amis par le bras et les avait entrainés dans la rue. Le jeune homme s’était laissé porter, flottant encore entre deux mondes. Tous ses sens étaient brouillés et c’en était déstabilisant. On les avait emmenés dans une grande rue où se trouvaient déjà quelques autres personnes. Le policier en veste jaune fluorescente leur avait ensuite intimé de s’assoir aux côtés des autres en lui indiquant qu’on allait s’occuper d’eux. Le détective fronça les sourcils. Il n’avait pas besoin que l’on s’occupe de lui. A ce moment, quelqu’un était venu lui poser une couverture sur les épaules. C’était encore l’une de ces inutiles couvertures orange signifiant aux autres passants que l’on est sous le choc et qu’il ne faut pas approcher. Où qu’il se trouva, les règles du jeu ne semblaient pas avoir changées. On lui demanda son nom, il le donna avec calme, tandis que John se prêtait au même jeu de son côté. Son corps et son esprit commençaient à se remettre peu à peu, mais une pensée restait immuable. Il voulait comprendre.

Toutes les personnes autour de lui semblaient paniquées, perdues, submergées par la peur. Finalement, quelqu’un avait rassemblé la foule et commencé un discours dans lequel il s’était évertué à leur faire comprendre qu’ils venaient de traverser une faille spatio-temporelle, qu’ils se trouvaient dans un autre monde, qu’ils ne pourraient jamais rentrer chez eux. Le premier mot qui vint aux lèvres de Sherlock fut, impossible. Puis il pensa à Moriarty. Avait-il traversé la faille lui aussi ? Aurait-il l’occasion de rencontrer de nouveau cet égal si intéressant ? Il eut également une pensée pour les quelques autres, et même pour Mycroft. Une fois l’impossible écarté. Cet endroit remettait en doute tout ce qu’il savait, cela remettait en doute sa vision sensorielle des choses. C’est à ce moment que Sherlock s’était levé pour engager une joute verbale avec les habitants de cette nouvelle Terre, dénigrant l’existence de cette faille. John fut obligé de calmer son ami et finalement, le détective se retira avec fierté et s’en fut bouder dans son coin, refusant d’admettre cette hypothèse saugrenue. Entre temps, on leur avait fourni une adresse où ils pourraient loger pendant quelques mois, le temps qu’ils trouvent autre chose. Malheureusement, les réfugiés du passés et du futur étant plutôt nombreux, surtout à cette période, et les chambres étant très restreintes, les deux amis avaient dû s’en partager une unique. Cela n’avait pas tellement été du gout de John et ce dernier avait refusé de dormir dans le même lit que Sherlock. Il avait préféré dormir sur le fauteuil avec son oreiller et une simple couverture, arguant qu’ils pourraient être un peu plus accueillants et fournir assez de chambres. Le détective avait quant à lui continué à s’enfermer dans un profond silence reflétant sa quête éternelle de la compréhension du monde. Mais cette fois ci, il avait dû faire face à quelque chose se situant au-delà de son esprit empiriste. La réalité avait été brisée.

On n’oublie jamais, on s’habitue toujours. Et Sherlock avait fini par accepter l’existence de ce nouveau monde. Après avoir tourné et retourné dans son esprit toutes les hypothèses possibles, la seule restante avait été l’impossible. Londres était donc derrière lui, et Lumen s’étendait devant. Toutes deux étaient aussi calmes et ennuyantes l’une que l’autre, mais quelques meurtres venaient heureusement le sortir de sa léthargie maladive. Pour la plus grande joie de Sherlock, la criminalité semblait être aussi active ici qu’ailleurs. Il avait ainsi participé, avec la compagnie de John, à quelques enquêtes depuis son arrivée, car comme il fallait s’en douter, la police de ce monde était aussi incompétente que celle de Londres. Les deux colocataires s’étaient également trouvé un nouvel appartement, pourvu de deux lits distincts situés dans une même chambre, ce qui était déjà assez bien étant donné le manque de logements dans ce nouveau monde. Le docteur s'était en effet vite lassé de son fauteuil et les expériences du jeune Holmes avaient fini par agacer les autres habitants du centre d'hébergement. Peu à peu, les choses avaient commencé à prendre forme. Quelques rétributions de la part des forces de l’ordre, trop heureuses de voir enfin leurs enquêtes difficiles résolues si vite, avaient permis de payer le loyer en attendant que la clientèle se décide à pointer le bout de son nez à leur adresse. Ils avaient également pu acquérir quelques meubles et nouvelles affaires, de quoi mettre un petit peu de bazar dans leur appartement, étrangement ressemblant à leur ancien logement. Sherlock avait pu se reconstituer une garde-robe décente, identique à celle perdue, et s’était évertué à classer tout cela dans son armoire et sa commode. Ses petites habitudes étaient peu à peu revenues, d’autres s’étaient créées. Le détective explorait ce nouvel endroit avec rigueur, repérant de bons endroits où manger, se familiarisant avec les rues et les bâtiments, se créant un réseau d’informateurs efficaces. Il tissait des liens dans cette ville neuve, tant professionnels que pratiques. Il n’avait pas manqué de s’activer pour tenter de trouver quelques repères et avait même trouvé un laboratoire où réaliser ses études en paix. Mais maintenant, le voile de l’ennui le menaçait de nouveau, plus fort que jamais. Six mois. Cela faisait déjà six mois qu’il se trouvait là.



Le ventre de Sherlock gargouilla soudainement. Le détective soupira. Cela faisait une bonne demi-heure que ce stupide appendice lui signifiait sa faim. Il faudrait peut-être qu’il songe à se lever pour se sustenter. Mais cela était synonyme d’abandonner sa cigarette et son fauteuil. Le détective trouva vite une autre alternative.

« John ! Ramène-moi quelque chose à manger, merci. »


Pour passer le temps, le jeune homme aspira une nouvelle fois la fumée empoisonnée. Cela avait au moins le mérite de l’apaiser quelques instants. Depuis qu’il avait égaré son violon lors de son déménagement forcé, Sherlock avait repris la mauvaise habitude de faire fi des lois anti-tabac, plus en vigueur que jamais dans ce pays, et de s’autoriser à fumer une douce cigarette lorsque son esprit avait besoin de concentration. Et tout cela, au grand désespoir de John qui était un fervent défenseur de la cause de l’air pur. D’ailleurs, il n’y avait aucun mouvement dans l’appartement.

« John ? John ! J’ai vraiment faim ! »


Sherlock avait beau s’évertuer à appeler son colocataire, seuls les nuisibles du logement répondaient à l’appel par leurs légers bruits. Le charbon et la cendre, rougis par le feu s’éteignant, crépitaient dans l’âtre noircit par les années. Mais aucun bruit de pas, aucune présence humaine ne se fit entendre. Personne. John avait encore dû sortir, sans le prévenir, pour tenter de séduire une nouvelle conquête. Le jeune homme n’avait jamais compris l’intérêt que son ami portait à l’autre sexe et aux choses de l’amour, ni même qu’il passe tant de temps à les courtiser. Mais à court terme, cela signifiait surtout que le détective devait s’arracher à l’étreinte de son trône de tissu pour calmer son estomac en furie. Sherlock soupira une nouvelle fois. Puis, d’un geste rapide, il aspira le dernier souffle de vie de la cigarette avant de s’élancer avec impulsivité hors du fauteuil.

« Une enquête. Il me faut une enquête… Une distraction, par pitié ! … Je sens déjà mes neurones disparaitre un par un ! »


A Lumen, le plus fidèle et ancien ami du jeune homme, son crâne, avait été remplacé par une simple peluche d’un quelconque animal anthropisé et apparemment, joyeux de son état. C’était bien évidemment provisoire. Et tandis que Sherlock monologuait sur le manque de criminels, il se dirigeait progressivement vers la cuisine, arpentant tantôt la pièce dans un sens, tantôt dans l’autre. Il commença par jeter son mégot dans la poubelle avant de contempler l’absence totale de nourriture décente dans le frigidaire. Au moins, ses échantillons se portaient biens. Le détective claqua la porte de l’appareil avec force. Le néant total. Il allait devoir sortir dehors. Quand il ne servait pas à résoudre des enquêtes, le corps était un appendice bien encombrant. Sherlock attrapa son manteau et son foulard, enfila le tout avec rapidité, et survola les marches de l’escalier pour descendre dans la rue. Il avait déjà repéré un petit restaurant plutôt sympathique et peu fréquenté à quelques rues de là. La température était plutôt douce pour un mois de juillet et cela semblait encourager la foule à se promener dehors, encombrant les artères de la ville et les rues piétonnes.

Sherlock avançait, la tête droite et le col relevé, avec son habituelle distinction et son sérieux. Les méandres de Lumen lui étaient de moins en moins inconnus. Tandis qu’il marchait, le détective promenait son regard parmi la multitude de personnes présente en ce lieu. C’était la vie qui s’agitait devant lui. Tous étaient différents, tous se ressemblaient pourtant. Similaires dans leurs basses aspirations et leur intellect limité. Mais deux yeux se détachaient du reste de cette masse, attirant  inéluctablement son attention. Ils lui étaient vaguement familiers et semblaient le suivre. Cette flamme corrompue qui étincelait dans ces prunelles presque noires titillait sa mémoire. Ce regard hautain, souvent accompagné d’un sourire narquois, éveillait en lui un souvenir précis. Il le connaissait. C'était lui. Ce personnage si captivant et brillant était finalement tombé avec lui. Intéressant. Très intéressant. Le détective s’arrêta dans sa marche. Pour la seconde fois, les deux ennemis se faisaient face. Ils étaient séparés par une dizaine de mètres et par la foule défilant sans cesse, mais leurs yeux se défiaient. Jamais l’un sans l’autre. Sherlock n’oublierait jamais ce regard, ce visage, cet homme. Il le haïssait autant qu’il l’aimait. Jim Moriarty.


Spoiler:
 

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